Un catalogue pour transformer le monde

En 1968, Stewart Brand, écrivain et éditeur américain, figure des réseaux de la contre-culture, lance le Whole Earth Catalog. Ce catalogue rassemble des livres, des outils, des techniques et des ressources pour apprendre, construire, cultiver et organiser la vie collective. Il circule dans les milieux alternatifs et artistiques et devient, au fil du temps, une pièce majeure de la contre-culture.

Au fil de cet article, je reviens sur les objectifs de Brand, l’histoire et l’évolution de son projet, pour imaginer ce que pourrait être ce catalogue aujourd’hui. À l’aune des outils numériques, des pratiques collaboratives et de l’intelligence artificielle, je propose une première maquette : le Whole Earth Catalogue 2027.

La question me paraît d’autant plus vive que nous disposons d’une profusion de moyens pour agir. Une recherche livre des milliers de résultats ; une plateforme organise nos choix ; une IA rapproche des domaines et propose des formes nouvelles. Dans cette abondance, le catalogue peut retrouver une fonction essentielle : sélectionner, relier et rendre les possibilités accessibles. J’aimerais qu’il devienne un objet que l’on garde ouvert sur une table, pour passer d’une idée à une pratique.

1968 : une adresse pouvait changer une vie

Le Whole Earth Catalog paraît à l’automne 1968. Il relie des livres, des équipements et des pratiques dans un paysage où trouver la bonne information demande souvent une correspondance, une rencontre, un déplacement. Son ambition ne se limite pas à inventorier : il aide à évaluer et à accéder. Je retiens ce mouvement en deux temps. Dire qu’un outil existe n’est pas encore dire pourquoi il vaut notre attention, ni comment nous pouvons réellement nous en servir. L’archive du premier numéro permet de retrouver cette fonction dans les pages elles-mêmes.

Sa couverture planétaire ouvre un horizon immense, mais l’intérieur ramène constamment à des objets précis. Le MoMA présente le catalogue comme un service alternatif d’information et de distribution. Cette formule me paraît plus juste que celle de simple « bible de la contre-culture ». Il ne fournit pas un monde achevé : il équipe des passages entre des lecteurs, des communautés, des techniques et des savoirs.

J’aime cette disproportion entre l’échelle de la couverture et celle d’une notice. La Terre entière d’un côté ; une ressource particulière de l’autre. Entre les deux, le lecteur est invité à établir une relation. Une technique de construction n’est plus isolée d’une manière d’habiter. Un livre sur les systèmes peut déplacer la lecture d’une communauté. L’objet imprimé devient un lieu de voisinages : sa pensée se trouve aussi dans ce qu’il place côte à côte.

Whole Earth Catalog, automne 1968. Archive Whole Earth Index / Internet Archive.
Whole Earth Catalog, automne 1968. Archive Whole Earth Index / Internet Archive.

Ce que la mise en page fait à la pensée

Une page du catalogue original ne ressemble pas à une suite de diapositives. Des colonnes, des images de tailles différentes, des commentaires et des coordonnées produisent plusieurs entrées possibles. Je peux commencer par une photographie, abandonner une notice, revenir par un titre ou suivre un renvoi. Cette lecture discontinue n’est pas une lecture pauvre : elle laisse au lecteur le travail des rapprochements.

Je reprends cette logique dans une maquette en trois colonnes. Chaque ressource possède un nom, un organisme, une description, un premier geste, des conditions d’accès, un avis et une adresse. Un index permet de revenir à une entrée et de composer son propre parcours.

Ce qui m’intéresse dans cette forme est son efficacité : le sentiment qu’à chaque page une possibilité devient plus précise. Un catalogue peut être beau parce qu’il sert, parce qu’il rapproche et parce qu’il permet de prendre une décision.

Whole Earth Catalog, automne 1968, vue numérisée n42. Source : Whole Earth Index / Internet Archive. Reproduction de travail pour l’analyse éditoriale.
Whole Earth Catalog, automne 1968, vue numérisée n42. Source : Whole Earth Index / Internet Archive. Reproduction de travail pour l’analyse éditoriale.

Humanpédia : une encyclopédie confiée aux vivants

Avant d’imaginer ce nouveau catalogue, j’avais déjà engagé cette question avec Humanpédia. Le projet propose de constituer une mémoire universelle hors de tout contexte technologique : chacun peut devenir le dépositaire d’un article de Wikipédia ou d’une grande œuvre littéraire, en l’apprenant, en l’imprimant, en la racontant et en la transmettant. Ce réseau de « Humanpédiens » rend possible la reconstitution d’un savoir partagé si sa version numérique venait à disparaître.

Humanpédia ne transforme pas les personnes en disques durs humains. Il déplace plutôt notre rapport au savoir. Une page n’est plus seulement stockée quelque part : elle est portée par une voix, une mémoire, une interprétation et une responsabilité. La connaissance devient relation. Elle circule en changeant de forme, de langue, de rythme et de contexte ; elle demeure vivante parce qu’elle est reprise par quelqu’un.

Le lien avec le Whole Earth Catalog est profond. Brand cherchait à mettre des outils et des ressources à portée de lecteurs capables de s’en emparer. Humanpédia pose la question qui vient après : que devient cette connaissance lorsqu’elle sort des serveurs ? Qui accepte de la conserver, de l’actualiser, de la discuter et de la transmettre ? Le catalogue organise l’accès ; Humanpédia invente une communauté de gardiens et de passeurs.

À l’heure où les systèmes d’IA donnent l’impression que toute connaissance est immédiatement disponible, cette proposition retrouve une force particulière. Une réponse produite à la demande n’est pas encore une mémoire commune. Elle ne remplace ni l’apprentissage, ni le récit, ni la confrontation des interprétations. Humanpédia rappelle que savoir, ce n’est pas seulement pouvoir retrouver une information : c’est pouvoir la refaire circuler entre des êtres humains.

L’autonomie n’a jamais été sans dépendances

Il serait facile de raconter une histoire heureuse : la contre-culture aurait ouvert les outils, l’ordinateur les aurait démocratisés, Internet les aurait distribués, l’IA achèverait de les rendre accessibles. Je ne crois pas à cette ligne droite. Dans Aux sources de l’utopie numérique, Fred Turner analyse les circulations entre les réseaux de la contre-culture et ceux de la cyberculture. Cette histoire invite à regarder ensemble une promesse d’émancipation et les structures qui se construisent autour d’elle.

Un plan gratuit suppose du temps pour l’apprendre. Une machine ouverte suppose un atelier, des pièces, des gestes. Une plateforme participative suppose une institution capable de répondre. Le mot « autonomie » devient trompeur lorsqu’il efface toutes ces relations. Je préfère parler d’une capacité à reconnaître, négocier et transformer ses dépendances. Savoir qui entretient l’outil, pouvoir le modifier, disposer d’une alternative : voilà des libertés moins spectaculaires que l’autosuffisance, mais beaucoup plus concrètes.

Un exemple rencontré pendant cette sélection le montre brutalement. L’Atelier Paysan annonce la liquidation judiciaire de sa coopérative en avril 2026 et la mobilisation de collectifs pour poursuivre le projet et préserver ses ressources. Les plans ne deviennent pas inutiles du jour au lendemain. Mais l’organisation qui les accompagne change. Un catalogue sérieux doit noter cette situation au lieu de transformer un nom connu en recommandation intemporelle.

Cette information n’est pas une note triste en marge de l’innovation. Elle est au centre du projet. Comment financer la transmission ? Qui paie la mise à jour d’un plan et l’accueil d’un débutant ? Comment conserver des savoirs quand une structure disparaît ? L’accès aux outils doit aussi devenir un accès à leur histoire de maintenance.

Un outil est parfois une relation organisée

J’ai placé Repair Café, iFixit et FreeCAD dans une même rubrique. La première apporte une rencontre et des compétences ; la deuxième rend un démontage lisible ; la troisième permet de redessiner une pièce simple. La réparation apparaît comme une chaîne de savoirs, de gestes et de relations.

Je retrouve la même logique entre OpenStreetMap, QGIS et Sensor.Community. Décrire un lieu, organiser les données et produire une observation sont trois opérations différentes. Leur association peut permettre à un groupe d’habitants de formuler une question sur son quartier. Elle ne transforme pas automatiquement une carte en preuve ni un capteur en autorité sanitaire. Mais elle déplace la possibilité d’enquêter.

Cette sélection relie donc des objets matériels, des logiciels et des formes d’organisation. Je ne les considère pas comme équivalents ; je cherche les passages entre eux. Une vis, une licence et une assemblée ne font pas le même travail. Pourtant, une technique peut devenir inaccessible parce que l’un de ces trois éléments manque. Le catalogue doit montrer cette articulation au lieu de ne photographier que l’objet final.

Rencontre de réparation. Photo publiée par Repair Café International, fichier MW-RCF-13-3.
Rencontre de réparation. Photo publiée par Repair Café International, fichier MW-RCF-13-3.

DIY, survivalisme : de quelle survie parlons-nous ?

Il fallait consacrer une place à cette question, tant les équipements circulent entre des imaginaires différents. Le DIY désigne d’abord le fait de réaliser ou réparer soi-même. Il peut être solitaire, commercial ou collectif. La préparation aux risques répond à la possibilité concrète d’une rupture de service. Les cultures survivalistes élaborent des manières d’anticiper des crises plus profondes. Ces ensembles se croisent sans se confondre. La recherche sur la préparation survivaliste aide à sortir d’une opposition trop commode entre partage vertueux et bunker égoïste.

La même radio peut servir à une promenade, à un groupe replié sur lui-même ou à une entraide de voisinage. Le même stock peut protéger une personne fragile ou matérialiser une frontière contre les autres. Ce qui change est le protocole social : qui peut entrer, qui reçoit une information, qui a le droit d’utiliser la réserve, et qui décide lorsque les ressources manquent ?

Mon parti pris est explicite : je choisis des outils dont l’usage peut augmenter les capacités communes. Une bibliothèque hors ligne doit pouvoir être consultée. Un plan doit pouvoir être compris par quelqu’un qui n’en est pas l’auteur. Une préparation doit prévoir les personnes absentes de la réunion. C’est pourquoi je propose dans le catalogue un exercice de permanence de quartier, sans panne provoquée : essayer sur papier de maintenir une coordination, puis regarder qui notre dispositif a oublié.

Le futur que je cherche n’est pas celui où chacun possède une petite civilisation privée. Il est celui où une interruption ne détruit pas immédiatement toutes les relations qui nous permettent de vivre. Cette ambition ne remplace pas les services publics par la bonne volonté des habitants. Elle permet au contraire de comprendre ce que ces services assurent et ce qu’un collectif ne peut pas porter seul.

À quoi peut servir l’IA dans ce catalogue ?

L’IA peut participer à la conception même du catalogue : comparer des fonctions, repérer une dépendance oubliée, rapprocher des domaines et déployer plusieurs réponses à un besoin. À partir d’une technique agricole, d’un principe de bibliothèque ou d’une règle collective, elle peut aider à imaginer des assemblages que les catégories habituelles tenaient séparés.

Je l’utilise comme partenaire d’exploration. Les ressources existantes s’appuient sur des sources identifiables ; les projets nouveaux prennent la forme de protocoles à expérimenter. Mon travail consiste à sélectionner, à formuler un point de vue et à ouvrir ces propositions aux lecteurs. Le catalogue devient ainsi un espace de recherche où chacun peut prolonger, contester ou transformer une notice.

Cette démarche prolonge MAIO : l’IA intervient dans l’élaboration des relations et des processus, pas seulement dans la production d’une image. Mais elle introduit ici une épreuve supplémentaire. Une proposition doit pouvoir sortir du texte, rencontrer une situation et recevoir une objection. L’ouverture d’un catalogue ne se mesure pas au nombre d’objets qu’il peut générer ; elle se mesure à la possibilité de le corriger.

Quatre propositions, quatre épreuves possibles

Le Composteur de souvenirs devient un atelier de décision sur ce que l’on conserve. Pour une première séance, je propose de travailler sur vingt documents fictifs, de comparer des classements humains et automatiques et de noter les désaccords. Aucun original personnel n’est effacé. La question n’est pas de libérer de l’espace disque : elle est de savoir qui donne une forme à notre mémoire.

Le Parlement des objets peut commencer sans électronique : cinq objets, leurs besoins d’entretien, un budget fictif et des porte-parole. Lorsque chacun défend une durée de vie plutôt qu’une nouveauté, qu’est-ce qui devient prioritaire ? Les capteurs ne viendraient qu’ensuite, pour une question qui exige réellement une mesure. L’absence de technologie spectaculaire n’est pas l’absence d’œuvre.

Le Cartographe de fantômes urbains prend pour point de départ une rue, trois dates et des sources attribuées. Les archives et les témoignages restent distincts des reconstitutions. Une couche peut accueillir des hypothèses, mais elle ne les fait pas passer pour un passé retrouvé. La qualité du projet se mesurerait notamment à sa capacité à recevoir la contradiction d’un habitant.

Le Manuel de désobéissance algorithmique propose d’observer des recommandations, puis de modifier un réglage accessible et de documenter ce qui change. Il ne prétend pas expliquer tout l’algorithme ni rendre son utilisateur invisible. Il cherche une forme de reprise sur l’expérience : comprendre une option, identifier une dépendance, décider ce que l’on accepte de perdre.

Ces quatre propositions composent un atelier ouvert. Le catalogue précise pour chacune du matériel, une première séance et des questions à explorer : autant de points de départ pour fabriquer ensemble.

Composteur de souvenirs : proposition artistique de David Guez.
Composteur de souvenirs : proposition artistique de David Guez.

Pourquoi garder une sphère de Dyson en couverture ?

Parce que le catalogue doit aussi porter l’imagination vers des échelles vertigineuses. L’hypothèse formulée par Freeman Dyson en 1960 envisage la recherche de signatures infrarouges de civilisations exploitant l’énergie de leur étoile. L’essaim de collecteurs en couverture ouvre cet horizon : après la Terre entière, l’étoile comme territoire d’une organisation technique.

Je la place face à une question que la puissance technique tend à repousser : quel besoin justifierait une telle infrastructure ? Le dessin d’une étoile équipée ne dit rien, à lui seul, de la société qui l’aurait produite. Il peut évoquer une abondance partagée ou une appropriation gigantesque. Il peut promettre la liberté tout en imposant une maintenance que personne ne peut interrompre.

Entre une pièce réparée et un essaim stellaire, je ne cherche pas une équivalence matérielle. Je cherche une continuité des questions : qui peut agir, qui dépend, qui entretient, qui décide de la suite ? La couverture ouvre l’imaginaire ; les notices lui demandent des comptes. C’est dans cet aller-retour que ce catalogue peut devenir autre chose qu’un annuaire ou une fiction.

Une intelligence de garde : le savoir hors réseau

La question qui termine ce cahier est devenue décisive. Si l’IA tend à devenir l’interface par laquelle nous interrogeons le savoir — manuel, carte, archive, recette, réparation, traduction, histoire — comment faire pour que cette capacité ne soit pas enfermée dans les serveurs de quelques entreprises ? Je ne parle pas d’un fantasme de bunker numérique. Je parle d’une intelligence que l’on peut garder, démarrer, vérifier et transmettre lorsqu’un réseau, un abonnement, une plateforme ou une institution cesse de répondre.

Le modèle seul ne suffit pas. Ses poids sont une puissance statistique, pas une bibliothèque dont chaque source resterait visible. Une véritable réserve de connaissance rassemble donc plusieurs couches : un petit ordinateur réparable, des modèles locaux, une bibliothèque consultable hors ligne, des cartes, des documents choisis, un moteur qui retrouve les passages utiles, une alimentation de secours et surtout un mode d’emploi imprimé. Il faut pouvoir demander à la machine une réponse, mais aussi remonter à la page, au guide, à la carte ou au témoignage dont elle procède.

Les pièces existent déjà

Cette infrastructure n’est plus théorique. Kiwix permet de garder sur un ordinateur ou un point d’accès local des bibliothèques hors ligne : Wikipédia, Wikivoyage, WikiMed, Gutenberg, des dictionnaires et des archives. Internet-in-a-Box organise déjà ce principe à l’échelle d’une école, d’une clinique ou d’un foyer : un réseau local et des contenus libres que les personnes proches peuvent consulter sans connexion extérieure.

À côté de ces bibliothèques, des outils comme Ollama et GPT4All font tourner des modèles sur l’ordinateur qui les héberge ; GPT4All peut indexer un dossier de documents local. Le projet llamafile va encore plus loin dans la portabilité : modèle, moteur d’inférence et serveur peuvent être réunis dans un seul fichier exécutable. Des kits très concrets apparaissent également, tel PortableMind, qui place sur une clé USB un environnement local prêt à interroger hors ligne. Ce ne sont pas des idées de science-fiction : ce sont les premières formes d’un outillage de continuité.

Du bon usage de l’IA

Le bon usage de l’IA n’est pas seulement de produire plus vite une réponse. Il consiste à rendre une communauté moins dépendante d’une réponse qui lui arrive d’ailleurs. Une machine locale peut aider à orienter une recherche dans des milliers de pages, reformuler un guide pour une situation précise, traduire une instruction, comparer deux procédures, faire émerger une lacune. Mais elle doit apprendre à dire : « voici le document », « voici ce qui manque », « voici ce que je ne sais pas ». La souveraineté n’est pas une réponse sûre de tout ; c’est la possibilité de retrouver les conditions d’une réponse et de la discuter.

Je vois ici une continuité directe avec Humanpédia. Une mémoire hors réseau ne repose pas sur une boîte noire sacrée. Elle associe des personnes qui connaissent, un fonds documentaire vérifiable et une machine qui aide à les relier. Le modèle peut devenir un bibliothécaire de garde, non l’oracle qui remplace les lecteurs. En cas de panne, de censure, de déplacement ou de catastrophe, il ne sauve pas « tout le savoir » ; il conserve une capacité collective à chercher, à comprendre et à recommencer.

Le Cahier 02 pourrait être une mallette d’intelligence commune

J’imagine une mallette sobre : un ordinateur basse consommation, un disque chiffré dupliqué, une batterie et un petit panneau solaire, un point d’accès Wi-Fi local, un ensemble de modèles choisis pour leur lisibilité et leur taille, des archives Kiwix, des cartes, des notices de réparation, des textes de droit, des ressources médicales publiques et un livret papier décrivant la manière de mettre l’ensemble à jour. La première question ne serait pas : « quelle IA est la plus puissante ? » Elle serait : « de quels savoirs avons-nous besoin ici, et qui pourra les maintenir demain ? »

Le Whole Earth Catalog donnait des adresses pour obtenir des outils. Cette nouvelle page devrait indiquer comment garder les outils et les savoirs lorsqu’aucune adresse distante n’est plus disponible. L’autonomie ne signifie pas l’isolement : elle désigne la capacité de préserver des liens, des sources et des gestes quand le réseau se tait.

La prochaine page doit pouvoir venir d’un usage

J’imagine cette publication nourrie par des expériences situées : un outil, un lieu, un coût, du temps passé, une panne, une correction. Je voudrais publier aussi des abandons bien expliqués. Ils apprennent parfois plus qu’une démonstration réussie. Le premier cahier rassemble vingt-quatre ressources documentées et quatre propositions artistiques ; les usages de ses lecteurs pourront en ouvrir la suite.

Un vrai catalogue peut être incomplet ; il ne doit pas être indifférent à ce qui arrive après sa lecture. Son sens apparaît lorsqu’une adresse devient une rencontre, qu’un plan devient une question d’atelier et qu’un lecteur revient pour dire : j’ai essayé, voici ce qui manque. C’est cette publication vivante que je souhaite construire.

Ouvrir le Cahier 01 : 24 ressources documentées et 4 propositions à expérimenter, 16 pages.